Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un beau jour où tout va bien, j'apprends que j'ai un cancer de la moelle osseuse... Comment survivre?

Publicité

PANDORE

Salut mon pote,

Alors comme cela elles t’ont relâché!

J’étais vraiment content pour toi quand je l’ai appris et j’espère que la sortie n’a pas été trop dure après cette longue « mise entre parenthèses ».

Même si je n’ai pas lu grand-chose sur les greffes, tout au moins sur les désagréments physiques qu’elles entraînent, je crois savoir que les effets post-greffes ne sont pas négligeables et je te souhaite de retrouver rapidement ton allant et ta verve littéraire qui avaient su ravir un certain nombre de lecteurs.

Comme tu le sais, j’avais lu journellement ton blog depuis le début. Dans certains articles lorsque tu parlais des gens que tu avais soignés transparaissait non pas un feint humanisme de façade ou une compassion de composition, mais tout simplement une humanité dont certains feraient mieux de s’inspirer.

J’en avais parlé avec Luce, ma petite Suisse inter-nautique et également avec ma sœur à Zurich peu de temps avant que tu rentres en chambre stérile. Je me doutais que ce que tu avais donné aux malades, on ne te le rendrait pas évidemment et que tu risquais d’en concevoir de l’amertume. Mais ainsi roule le monde et de temps en temps il arrive de croiser même parmi les soignants des êtres simplement humains. Et malgré mes coups de gueule, je ne désespère pas de l’espèce...

...Je vais créer mon site web et cela me prend beaucoup de temps de m’initier à tous ces logiciels abscons.

Je ne savais pas où allait m’entraîner l’écriture le 16 décembre lorsque je me suis lancé dans cette aventure. Maintenant je m’en doute et je m’en sers bien sûr comme d'une arme, ayant un sens certain de la publicité.

Je sais que je suis injuste dans certains textes, mais c’est le privilège du polémiste que je veux être. Et puis ouvrir la boite à baffes de temps en temps, cela fait du bien, alors pourquoi se gêner ?

J’ai vu que tu avais fait un lien vers mon blog. Je t’en remercie...

...Je te joins le premier jet d’un texte que je ferai paraître dans quelques jours. Je me doute des réactions hostiles qu’il entraînera. Je ne t’en voudrai vraiment pas une seconde si tu supprimes le lien qui existe sur ton blog. On me regarde déjà bizarrement à Becquerel depuis quelque temps. C’est sûr que là, cela ne va pas plaire, et je ne tiens pas du tout à ce que tu subisses un choc en retour si l’on nous associe.

Mais ne t’en fais pas, malgré la virulence de mon propos, je ne me sens pas du tout investi d’une mission. Je m’amuse juste à « taquiner » ces gens. Je trouve qu’elles le cherchent bien. Et cela m’amuse de voir où tout cela m’entraînera. L’écriture, l’écriture ! L’une me traite de poète, l’autre d’écrivain, quel pied ma doué…

En espérant te lire bientôt et te rencontrer lorsque tu le pourras, je te souhaite un prompt rétablissement (banal, mais bof, cela ne mange pas de pain).

Amicalement

Yves

 

Je passe sans le voir aux pieds de Yves qui m'attend devant le "Café des Sports".

Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux que j'abandonne momentanément la conduite automobile. Je ne sais pas si ma vue est très dégradée, ou simplement modifiée. Mes verres sont désadaptés. Je pense que la cataracte de l'œil droit s'est sérieusement aggravée. Il faudra que je demande son avis à la speed-doctor...

J’évolue dans un univers flou, troublé.

Troublant.

Tout à l'heure, une roue arrière de la Corsa à tapé durement une bordure que je n'avais pas vue ( pardon, Caro ). Pourvu que la jante n'ait rien.

Il est obligé de me courser. Heureusement il me rattrape. Je roule à quinze à l'heure. Une vraie catastrophe routière. Ils me font rigoler avec leurs radars. C'est pas demain qu'ils récolteront leur dîme à mes dépends.

Il est quand-même un peu essoufflé, le vieux!

Il a la cinquantaine déjà bien entamée, il fume comme un sapeur.

J'allais oublier de préciser qu'il a aussi un cancer, une maladie de Waldenström

Une rareté. Monsieur est un esthète.

On a fait connaissance à Becquerel devant un distributeur à café.

C’était le début de ma maladie. J’étais encore en pleine phase maniaque. Désinhibé, logorrhéique.

C’est le porte-clé USB qui pendait à sa ceinture qui avait engagé la conversation. A cette époque, j’étais accroché à mon PC comme à une bouée.

Je voyais des naufragés partout autour de moi, agrippés à leurs pieds à perf.

Quelques clopes et cafés plus tard, alors qu’on avait déballé l’essentiel de nos vies, il était devenu évident qu’on était fait pour s’entendre.

Enfin sans doute pas pour s’entendre, ce n’est pas l’important, mais pour prendre plaisir à discuter ensemble.

Et puis, il a su exciter ma curiosité.

On ne rencontre pas tous les jours un forçat de la route, dompteur de semi-remorque, féru de littérature et de mythologie grecque et latine.

 

Moi aussi, je suis un peu essoufflé.

On est face à face, haletants comme deux chiens épuisés de s’être coursés, la langue pendante et l’oreille dressée.

Tu ne m’as pas vu?

Heureusement pour toi, que je ne t’ai pas vu. Je t’aurai roulé dessus, vieille canaille.

Je l’embrasserais volontiers, mais mon système immunitaire ne m’autorise pas ce genre d’excentricité, alors on se serre longuement la main en se donnant des claques sur l’épaule.

Viens, c’est là-bas.

Un « Bar des Sports », c’est un « Bar des Sports ».

Inutile d’en faire une description, tout le monde connaît un « Bar des Sports », ou un «  Penalty »ou encore un «Sulky ».

Les dernières oasis où errent de vrais gens, philosophes de comptoir, champions du temps qui passe, héros de l’apéro et du 421.

Il veut que je lui raconte tout, tandis qu’atterrissent devant nous les salades composées, les frites, la bière.

Au café, on a presque éclusé le sujet.

Les soignants n’ont pas encore compris qu’ils ont dans les mains une armes imparable : la loyauté.

Aucun chef, aucun supérieur hiérarchique ne peut étouffer la loyauté que le soignant doit à ses patients.

La vérité est têtue.

Chaque soignant doit se poser cette question avant tout acte de soin : suis-je en train de respecter les droits de cette personne que j’ai en charge?

Chaque soignant qui observe chez un collègue le non-respect des droits du patient a le devoir de loyauté de dénoncer cette pratique.

J’ai connu une collègue kiné qui infligeait des souffrances inacceptables à ses patients, sous prétexte de le faire pour leur bien.

Il s’agissait en réalité de pur sadisme.

J’avoue que comme d’autre je me suis longtemps tu, par ignorance et par lâcheté. Jusqu’aux derniers temps où je me suis enfin décidé à m’interposer.

Aujourd’hui, je sais que lorsque je serai de nouveau confronté à une situation de ce type, je la combattrai avec virulence, ainsi que devrait le faire tout soignant digne de ce nom.

Digne de ce « NON »!

J’y serai contraint.

Si je ne le faisais pas, je deviendrais un complice de maltraitance.

 

Une deuxième tournée de café s’échoue sur la table.

Ton expression «  boîte à baffes » m’a beaucoup fait rire. Tu voulais dire « boîte de Pandore », je suppose?

Oui, j’ai modernisé. La mythologie n’intéresse plus grand-monde de nos jours.

Je crée mon site web.

Je vais utiliser les moyens modernes de communication pour flanquer un grand coup de pied au cul de la fourmilière médicale.

Tu chausses du combien?

D’accord, je n’ai pas de grands pieds. Mais je suis teigneux. Et doué pour l’informatique.

Et Waldenström est avec moi.

Que veux-tu qu’il m’arrive?

Au fait, te souviens-tu de la fin de l’histoire du mythe de Pandore?

???

Après avoir libéré tous les maux qui affligent l’humanité, Pandore parvient à refermer enfin la terrible boîte.

Tu sais ce qu’elle contient encore, qui n’est pas parvenu à s’échapper?

L’espérance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
BONJOUR ,je viens de lire votre TEXTE.. .VOUS et YVES<br /> formés une belle paire de REBELLES au CLERGé<br /> Médical, ou les deux REBEAUX de BEQUEREL FONT<br /> des pirouettes et des entorses aux Grandes Instances..<br /> J\\\'espère que ce commentaire va passer,car tout à l\\\'heure<br /> il n\\\'a pas été publier...<br /> J\\\'aimerai vous parler d\\\' ALDOUS HUXLEY célèbre<br /> ècrivain briatannique,avec le quel ma Grand-Mère<br /> maternelle,ne cessait de me le cîter ,ayant un lien <br /> de cousinage,quel degré? J\\\'ai fini par lire son FAMEUX<br /> MEILLEURS des MONDES ,qui m\\\'a fscinée par le côté<br /> visionnaire et génialde sa personnalité..Je suis ,tombée<br /> un jour,sur autre LIVRE de LUI.il s\\\'intitule L\\\'ART de VOIR,<br /> il y raconte et explique comment il a retrouver une VUE<br /> qu\\\'ilétait entrain de perdre,grace à une méthode d\\\'un<br /> certain docteur W.H.BATES ...cliquer sur google<br /> le titre du livre et l\\\'auteur,vous ne serez pas déçu du voyage... Mes AMITIES ,Luce<br />
Répondre