Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un beau jour où tout va bien, j'apprends que j'ai un cancer de la moelle osseuse... Comment survivre?

Publicité

SCOOP

On se serre sur le lit en attendant le passage des médecins.

On ne dit plus rien. ce n'est pas l'heure des visites, mais aucune remarque de la part du personnel. Dans la chambre d'en face une femme sanglote en appellant sa mère, une voix tente d'apaiser les pleurs.

On frappe légèrement à la porte et, sans attendre, on rentre. Je tends à Caro le cahier et le stylo dont elle s"est munie à ma demande.

Ils sont trois, le Dr.C. se présente, un interne et une externe qui ne disent rien. " C'est une bonne idée" dit-elle en désignant le cahier du regard, nous lui répondons qu'en tant que professionnels de santé, nous savons qu'un patient ne retient qu'un faible pourcentage d'informations lors d'un entretien. Elle acquiesce et enchaîne aussitôt .

En substance, elle ne sait encore rien de précis, mais possède de simples présomptions, elle attend encore des résultats d'analyses, dont certains ne tomberont que dans deux jours. On insiste quand-même. Elle finit par prononcer le mot " myélome probable ", que je rectifie en disant : " cancer de la moelle osseuse " .

Pendant ce temps, Caro prend des notes, la tête penchée sur sa feuille, le visage fermé, je sens son corps qui se tasse contre moi, tandis que le mien s'est raidi.

Voyant que nous assimilons les données, le Dr.C. continue à laisser filtrer quelques info. supplémentaires, nous posons aussi les questions qui nous semblent essentielles à ce stade.

Nous recevons peu de réponses, toutes imprécises.

Nous entendons en vrac : chimiothérapie, greffe de moelle osseuse, myélogramme, protocole de soins, hôpital de jour, chambre stérile, isolement...

Elle finit par s'arrêter en voyant qu'elle s"est déjà trop avancée. Elle repassera me voir demain. Ils ressortent dans le sens inverse de leur entrée, l'externe referme la porte avec une discrétion exagérée.

Dans la chambre d'en face, on entend dans le bref intervalle où la porte est restée ouverte que les pleurs se sont tus.

On se tait, à ce moment je sais que l'on pense tous les deux à la même chose.

A Antoine qui doit à cette heure se rendre à la cantine de l'école maternelle, à Camille qui vient de commencer sa première année d'études à Paris.

Et à mes lunettes .

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article