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Un beau jour où tout va bien, j'apprends que j'ai un cancer de la moelle osseuse... Comment survivre?

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LA VIE APRES LE CANCER

J’ai commencé le traitement antidépresseur. Une unique petite gélule jaune que je prenais le matin avec mon café. J’avais des nausées, mes mains tremblaient comme celles d’un alcoolique au réveil, mais cette saleté de souffrance était toujours tapie en moi comme mon cancer, imprévisible, tantôt se faisant discrète, supportable, tantôt explosant simultanément dans ma tête et dans mes tripes. Elle me consumait à petit feu. J’avais l’impression de n’être plus qu’un jouet, une poupée de chiffon démembrée peu à peu par un enfant sadique.
Étrange torture. Une sorte de désarroi doublé d’une infinie tristesse. Plus rien n’avait de sens. J’étais persuadé que j’avais jusqu’à ce jour tout foiré dans mon existence. Que tout ça n’avait été qu’une triste blague. Allez, pensais-je, on arrête les frais. On approche de la fin. L’important, dans une histoire, c’est la chute.
Dans la journée j’avalais du Xanax quand mon esprit se mettait à dérailler. Je gobais le comprimé et je restais terré dans la cuisine, loin des fenêtres, mon verre d’eau tremblotant à la main, assis sur la petite chaise de bois blanche d’Antoine, attendant que l’anxiolytique commence à faire effet.
 
 
J’ai revu le psy. Il a doublé les doses. Et puis Antoine et Caro sont partis en vacances. Une navette est venue les prendre un matin. Je les ai aidé à descendre les bagages. On s’est embrassés. J’ai regardé s’éloigner le monospace jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin de la rue.
Je suis remonté à l’appartement. Camille aussi était en vacances avec sa mère. J’étais soulagé d’être seul. Ils n’étaient plus forcés de subir mon silence douloureux et mes sourires crispés.
Je suis allé faire des courses au supermarché. De loin j’ai repéré le type qui faisait la manche à l’entrée. J’ai fixé mon regard au sol et je me suis engouffré à l’intérieur à toute vitesse en espérant qu’il ne m’adresse pas la parole. Heureusement il n’a rien dit. Peut-être avait-il lu la tristesse sur mes traits tirés. Peut-être s’était-il habitué à l’indifférence.
J’avais dans l’idée d’acheter de quoi me nourrir pendant trois semaines, et de séquestrer la dépression avec moi jusqu’à lui faire rendre gorge.
Sortez, voyez du monde, parlez avec des amis ou des proches, m’avait conseillé le psy. Sûr que c’était un bon conseil. Je n’y arrivais pas.
Le magasin était bondé. Normal pour un samedi matin. J’ai erré un moment dans les travées sans savoir que mettre dans mon caddy.
Il m’avait conseillé de voir du monde, j’étais servi. On aurait dit que l’humanité entière s’était donnée rendez-vous autour de moi avec pour but de m’empêcher de déambuler à ma guise. Je les dévisageais, tous autant qu’ils étaient, en me demandant quels drames se cachaient derrières ces visages inexpressifs
.
Ca m’a pris un temps infini. Je passais trois fois dans la même allée sans parvenir à me décider. Je restais interdit devant les étals, incapable de savoir quelle boite il fallait que j’attrape. Quand finalement mon chariot a été plein j’ai eu de la chance. Une employée ouvrait sa caisse juste comme j’arrivais devant elle.
Je me suis présenté devant le tapis roulant. J’allais commencer à déballer mes achats quand j’ai senti qu’on m’attrapait par la manche. Je me suis retourné. C’était un vieux en bras de chemise, bretelles et casquette.
Pardon Monsieur, a-t-il dit. Vous voulez bien nous laisser passer?
Puis en désignant sa femme derrière lui : ma femme et moi, nous sommes très vieux…
Il avait raison. Ils étaient très vieux. Usés, rabougris. En temps normal je leur aurais moi-même proposé de passer devant. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je me suis penché vers lui et lui ai dit, sur le ton de la confidence en désignant mon crâne chauve : vous avez de la chance d’être vieux. Moi, j’ai le cancer…
Il a eu un instant d’hésitation, comme si il avait mal entendu, puis il a dit « bon, alors… ». Il a rejoint sa femme derrière moi.
Je me suis mis aussitôt à transpirer. Je sentais que ça perlait de partout, comme si je venais d’entrer tout habillé dans un sauna. J’ai essuyé mon front du revers de la main. Ma main s’était remise à trembler. J’entendais le vieux murmurer à l’oreille de la vieille. Je sentais leurs regards fixer mon dos comme s’ils allaient me transpercer. Mon sang c’est mis à cogner comme une brute à mes tympans. J’ai essayé de me calmer en respirant profondément. J’avais honte. J’avais peur de faire un malaise. J’ai rechargé mon caddy aussi vite que j’ai pu et je me suis enfui sans me retourner.
Rentré à l’appartement, je me suis jeté sur ma boite à pharmacie. J’ai avalé une double dose de Xanax et je me suis allongé sur le lit. Il fallait que je me méfie de mes réactions. Je n’avait rien mangé depuis vingt-quatre heures. Le médicament n’a pas tardé à faire effet. J’ai senti la détente s’emparer progressivement de mon corps, exactement comme lorsqu’on laisse l’eau chaude couler dans un bain, que le niveau monte lentement, et qu’on se laisse engloutir. Puis mes pensées se sont apaisées. Je me suis endormi.
Plus tard, dans l’après-midi, après avoir rangé mes achats du matin, je me suis dit que j’avais besoin d’une réserve de livres et de cigares. La sieste que j’avais faite m’avait détendu, pourtant toute activité banale de la vie quotidienne était un Himalaya à gravir. J’ai décidé après mille tergiversations qu’il fallait que j’en finisse avec les corvées afin de pouvoir m’enfermer pour de bon. Je me suis forcé à descendre en ville. J’ai poussé la porte de l’Armitière.
Les livres étaient présentés en piles sur de larges tables. Comme à mon habitude j’ai passé beaucoup de temps à les manipuler. Je regardais longuement la couverture, je lisais quelques pages, reposais le livre sur sa pile puis, me ravisant, le reprenais. J’en aurais volontiers senti l’odeur si je n’avais pas craint de passer pour un cinglé.
Ne parvenant pas à me décider, je suis sorti de la librairie. Je me suis assis sur le banc qui fait face à la porte et j’ai allumé un cigare. Il faisait plein soleil. Je regardais les passants. Un jeune type en costume avec un attaché-case à la main courait comme s’il allait rater son train. Un chauve en jogging portant une minerve marchait lentement en grimaçant. Un jeune couple s’avançait se tenant enlacé. Ils semblaient flotter dans l’air. Les autres piétons les évitaient de justesse. Eux, ils ne voyaient rien, à part les yeux de l’autre. Ils se sont arrêtés face à moi pour s’embrasser longuement.
Je me suis retourné car j’entendais des bruits bizarres. C’était un groupe de quatre ou cinq jeunes qui gesticulaient en poussant de petits cris. Je suis resté un instant interloqué avant de comprendre qu’ils étaient sourds-muets. Ils attendaient le bus. Une vive discussion était en cours, dont je ne pouvais rien saisir. L’un d’entre eux, le plus véhément, zébrait l’air de grands gestes nerveux en émettant de petites plaintes nasales. Il avait, pour libérer ses deux mains, fourré son sandwich dans sa bouche dont le contenu se répandait à ses pieds à chaque mouvement de tête, ce qui faisait beaucoup rire les autres.
C’est à ce moment là que la petite vieille est entrée dans mon champ de vision.
Rondelette dans une robe imprimée aux motifs surannés, les cheveux permanentés, tenant à la main une canne trop longue qui lui faisait plier le coude exagérément, elle avançait avec difficulté. C’était ses chaussures que j’avais remarqué. Elle portait des baskets d’un rouge rutilant, tout à fait du genre de celles que l’on voit aux pieds des jeunes de banlieue, trop grandes d’au moins deux ou trois pointures. Quand elle est passée devant moi, j’ai vu qu’elle avait aussi un petit sac à dos, griffé d‘une célèbre marque d‘articles de sport. Elle s’est arrêtée devant la vitrine de l’agence de voyages d’à côté. Elle a pris le temps de lire une a une les affiches multicolores qui proposaient photos à l’appui toutes sortes de cocotiers et de plages de sable fin. Puis elle a repris son chemin pour faire une nouvelle halte un peu plus bas devant une bijouterie. Là, ça a duré un peu plus. Elle était visiblement plus intéressée que par les destinations exotiques. Le temps que je me retourne pour jeter mon mégot dans le caniveau, elle est repartie en faisant de la canne un geste de dépit. La foule l’a absorbée aussitôt.
Je suis retourné à l’Armitière. J’ai rapidement emporté cinq ou six livres parmi ceux que j’avais repérés, je suis passé au bureau de tabac et je suis rentré. Le calme et le silence qui régnaient à l’appartement m’ont apaisé. J’avais l’impression d’en avoir trop fait pour cette seule journée. Je me sentais épuisé. Mais j’étais paré, prêt à soutenir un siège. J’ai décapsulé une canette de bière et j’ai commencé à lire.
Un peu plus tard, Caro m’a téléphoné. Ils étaient bien arrivés à Barcelone. Le voyage s’était bien passé. Il faisait très beau mais il y avait un peu de vent. L’appartement correspondait en tout point à la description qui en était faite sur internet. Antoine avait adoré prendre l’avion. Il n’avait pas dormi pour ne pas en rater une miette. Elle comptait juste sortir les pyjamas et les trousses de toilette des valises avant d’aller voir de plus près un petit resto qu’elle avait aperçu en arrivant en taxi. Ensuite, après le dîner, s’ils n’étaient pas trop fatigués, ils pousseraient peut-être jusqu’à la plage qui n’est vraiment qu’à deux pas.
Elle m’a passé Antoine, mais celui-ci venait de découvrir la télécommande de la télévision et trouvé en zappant une chaîne de dessins animés. Il a dit : bisous Papa, et juste après : je te passe Maman.
Ne lui en veux pas, il est fatigué…
Bien sûr, je comprends.
On s’est promis de se rappeler le lendemain, et on a raccroché.
 
 
Elle m’a appelé chaque jour. Parfois deux fois par jour. Elle me racontait le détail de leurs journées, ce qu’ils avaient mangé, ce qu’ils avaient visité, les anecdotes, les projets qu’ils avaient pour le lendemain. Ils étaient heureux. J’aimais savoir qu’ils étaient heureux. Moi, je n’avais d’autre projet que de reprendre le dessus sur la dépression.
Je vivais sans contrainte. Pas d’horaire. Je mangeais et je dormais quand j’en ressentais le besoin. Je lisais. Je regardais par la fenêtre. Souvent je me plantais devant mon PC. Je consultais ma boite aux lettres. Pas de mails, à part des pubs. Tout le monde était en vacances. Pourtant je vérifiais plusieurs fois par jour. J’aurais pu écrire moi-même, ou téléphoner, mais une force implacable m‘en empêchait. Impossible d’écrire le moindre mot. J’attendais qu’on me fasse signe. C’était de ça dont j’avais besoin. J’avais besoin de savoir qu’on se souciait de moi. Depuis mon enfance j’ai cette soif ardente qu’on se soucie de moi. Ca me retombait dessus à chaque fois que j’étais face à une difficulté sérieuse. Je comprenais ce mécanisme névrotique, mais je ne parvenais pas à l’enrayer. La seule solution dont j’étais capable était d’attendre que s’effectue une lente digestion au terme de laquelle je pouvais espérer être libéré. Je me murais dans le silence et la solitude. Ca relâchait un peu la pression. Seul, je n’avais plus à craindre qu’éclate une colère qui aurait pu blesser mes proches. Mon père était un homme irascible. Ses colères me terrorisaient. J’ai peur de ce que peut occasionner la colère. Je ne me mets jamais en colère. Je fais en sorte de l’étouffer en moi.
Souvent je pensais à la vieille aux baskets rouges.
Malgré la vieillesse, les difficultés physiques, les douleurs d’une longue vie, la solitude probable, peut-être aussi la maladie, elle avait conservé assez de faim de vivre, assez de frivolité pour s’intéresser aux voyages et rêver devant des bijoux. Il y avait dans ce petit bout de septuagénaire usée plus d’énergie vitale que dans mon grand corps de quarante-huit ans. Elle me faisait penser à Mamie qui avait survécu aux deux guerres mondiales, perdu son mari précocement, puis sa fille unique, ma mère, pour ensuite vivre une vie de pauvreté qui la contraignait à compter chaque sou, mais qui débordait de générosité et parvenait à rester gaie, au moins face à nous, les petits enfants.
Camille est rentrée de vacances. Elle est venue passer quelques jours avec moi. Elle vivait sa vie de jeune fille de dix-huit ans, se levant tard, passant les soirées avec sa bande de copines. On ne se voyait pas beaucoup, mais elle a été une éclaircie dans mon ciel gris. Au bout d’une semaine, elle est retournée chez sa mère. Elles avaient prévu d’aller passer quelques jours à Paris.
 
 
Un matin, Yves m’a téléphoné. Ca faisait quelques semaines qu’on ne s’était pas vus. Je ne savais pas quel jour nous étions mais la fin des vacances approchait. Caro et Antoine ne tarderaient plus à rentrer, j’avais hâte de les revoir. Je commençais à ressentir les effets positifs des antidépresseurs. Une lueur renaissait en moi, fragile comme la flamme d’une bougie prête à s’éteindre au moindre souffle d’air.
On s’est retrouvés avec Yves dans un restaurant chinois de la rive gauche. Je n’avais pas faim, mais j’aimais bien l’ambiance chez les asiatiques. Nous n’étions que quelques clients. On a choisi une table tranquille, à l’écart. Il arborait comme souvent une mine goguenarde. On était contents de se revoir.
On a commandé un verre, et il a commencé à me raconter sa visite à Paris chez le spécialiste de la maladie de Valdenström.
 
 
Je m’étais bien documenté sur internet. Il n’a fait que confirmer ce que je savais déjà, me dit-il après avoir avalé une gorgée de son cocktail maison.
La greffe dans mon cas n’est pas du tout une indication indispensable. C’est même tout à fait expérimental. Les risques sont très importants. Il a été sidéré quand je lui ai expliqué qu’on ne me proposait rien d’autre à Becquerel que cette foutue greffe. De plus il m’a dit que j’étais en rémission et que le mieux était de ne rien faire. Il n’a pas souhaité commenter la pratique de ses confrères, sans doute par esprit de corps, mais je voyais bien à son visage qu’il n’en pensait pas moins.
Au total je n’ai actuellement besoin d’aucun traitement. Il m’a fixé un nouveau rendez-vous avec lui fin septembre. D’ici là, j’ai un scanner à passer. Ils ne me verront plus à Becquerel. J’ai fait transférer mon dossier à Paris. Je sais t’en avoir déjà parlé, mais je suis persuadé qu’ils me proposaient cette greffe par intérêt. Je pense à un intérêt financier. Ou alors ils voulaient m’utiliser comme cobaye. N’oublie pas que c’est un établissement privé. Une greffe leur rapporte beaucoup d’argent, et de la notoriété en cas de réussite. Je sais que tu ne veux pas me croire. Mais comment expliques-tu qu’on ne répondait pas à mes questions lorsque je demandais quelle étaient les alternatives de traitement à part la greffe? Cela fait pourtant partie de leurs obligations légales. Comment expliques-tu qu’ils me faisaient faire des prises de sang à leur laboratoire - dont ils ne communiquaient jamais les résultats - en prétextant qu’on ne pouvait effectuer ces examens que chez eux, ce qui est faux? Quand j’ai commencé à avoir des doutes je suis allé consulter le patron d’un labo en ville qui m’a confirmé qu’il avait tous les agréments nécessaires pour pratiquer ces analyses… Il était même furieux de ce que je venais de lui raconter.
Alors tu comprends qu’il n’est plus question que j’y mette les pieds.
Je ne suis pas en train de te dire qu’ils avaient des intentions malveillantes à mon égard. Je pense que leur système de pensée a été coulé dans le moule de la faculté, puis dans celui de l’institution. Ils sont victimes de leurs habitudes. Ils ont leur façon de faire. Ils ont leurs croyances. Ils savent où est le bien et où est le mal. Ils sont tout simplement incapables de penser autrement que comme on leur a appris. Pourquoi douteraient-ils? Ne sont-ils pas des scientifiques? Ne sont-ils pas les détenteurs de la vérité?
Je ne suis sans doute pas un patient classique. Je suis un emmerdeur. Je veux comprendre. Je veux qu’on m’explique avec suffisamment de clarté pour que je puisse exercer moi-même mon choix. Je me méfie des gens qui me veulent du bien. Je préfère m’en occuper moi-même. Ce doit être ça qui n’a pas accroché avec eux.
Une jeune asiatique silencieuse est venue nous servir. On l’a à peine remarquée. Yves s’est frotté les mains devant son canard laqué et a poursuivi.
Je sais que le cancer aura ma peau, mais je m’en fous. Il me reste encore un peu de temps, j’ai bien l’intention d’en profiter.
Ma situation, je le reconnais, est plus simple que la tienne. Je n’ai pas de femme, pas d’enfant, pas de maison, pas de voiture, rien ou presque qui m’appartienne. Quand je te dis que je suis un SDF… Ca comporte quelques avantages. Je me satisfais de peu, même si j‘aime avoir quelques billets dans la poche. Mais je travaille quand je veux. Je vais où je veux. C’est mon mode de vie, libre de toute attache.
J’ai eu tout le temps nécessaire pour réfléchir. Je commence à en avoir marre de la vie que je mène depuis un an. J’ai horreur de la routine. Je suis en rémission. Je ne me sens pas trop mal, à part les douleurs dans les jambes quand je marche trop. Demain je reprends le travail. J’ai trouvé un boulot pour trois semaines. De l’intérim, comme d’habitude. J’ai bien négocié mon salaire. Ce sera moins dur que ce que je faisais avant, bien sûr. Plus question pour moi de manœuvrer des palettes. Je vais faire du transport de colis. Du régional. Je serai chez moi tous les soirs. La route me manque. Je préfère conduire un camion plutôt que de rester ici à traîner sans but en attendant la rechute.
Mais comment peux-tu?…Le médecin du travail t’a donné son accord?
Il a eu un large sourire devant mon incrédulité.
Qu’est ce que je viens de t’expliquer? Je ne peux pas admettre que ce soit un médecin qui décide si je suis apte ou pas à travailler. C’est une décision qui me regarde. Je me fous de l’avis des médecins.
Mais on a dû de demander des certificats à l’agence d’intérim…
On fait de très beaux certificats avec une imprimante et un scanner. Ils n’y ont vu que du feu. De toutes façons, ils ne sont pas trop regardants. Ils ne trouvent pas de chauffeurs en ce moment. Si tu savais le pognon que je leur ai soutiré pour trois semaines, à ces salauds…
Il a éclaté de rire, content de son effet, et on s’est concentrés sur nos assiettes. L’appétit revenait, et puis le canard laqué froid, ce n’est vraiment pas terrible.
La chaleur était étouffante quand on est sorti. J’ai démarré la voiture en poussant à fond la climatisation. On a encore bavardé un peu sur le trottoir, mais il a refusé que je le raccompagne. Il avait envie de marcher.
Je suis passé par la ville pour rentrer. Les rues étaient désertes. Un dimanche après-midi du mois d’août. J’ai stoppé à un feu rouge. C’était comme si le temps s’était figé. Le feu ne passait pas au vert.
Je me suis dit que peut-être il y avait une vie après le cancer, avant que tout s’achève.
 
 
 
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L
Je viens de vous lire,ainsi que le commentaire d'<br /> Yves.Je pense que finalement toute les maladies <br /> nous offrent l'Occasion de mieux nous Connaître,alors<br /> que la Vie d'aujourd'hui nous pousse à nous perdre<br /> de vue.Ce qui donne à la maladie ,une porte de Liberté ,une chance de s' apprivoiser en sa compagnie.<br /> C'est ce que j'aime chez Yves,son sens de la Liberté<br /> et le courage de braver les obstacles ,ainsi que sa<br /> franchise.Si vous avez envie, d'échanger des idées<br /> l' artiste est disponible.Je vous souhaite de meilleures journées pleines d'Envies.Luce<br /> à saisir
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Y
Je viens juste de poser le bahut à la Senia. Juste un petit mot d'un cyber à Choisy le roi. je ne sais s'il y a une vie aprés le cancer, mais pendant,cela ne manque pas de sel...Et puis une nouvelle rigolote. Dans la semaine j'ai appris que canalblog avait censuré "Putains d'enculés de toubibs" aprés avoir reçu des menaces juridiques je suppose de Becquerel. Enfin j'éclaircirai cela demain. Décidément ces putes manquent d'humour et sont en plus inintelligentes. Moi qui commençait à les oublier! Et tu sais bien que je dispose de multiples canaux sur le net. Tu te rends compte mon pote, v'la t'y pas que l'on veut me censurer, moi... Quel pied et quel honneur...A plus j'espèreYves
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